La Hume, terminus !

Extrait du roman de Pierre Galibert “Le livre sur la commode”

 

Au-delà des séjours testerins, l’association organise des colos au ski, impulsées à la fin des années 1970 par Luis Goma ; il passa le relais à Alain Ségui, Jean-Luc et moi-même pour plusieurs années à Val Louron. Les départs étaient toujours fixés au 26 décembre, au lendemain de Noël. Certaines années, la neige manquait cruellement et nous organisions balades et grands jeux toujours à l’affut du moindre flocon qui jamais n’arrivait. Heureusement que les préparatifs de la nuit de la Saint Sylvestre nous occupaient aussi.

Séjours ski 2Le président continue à changer de casquette pour officier pendant les vacances de février, plus sûres en quantité de neige, toujours dans les Hautes-Pyrénées ou en principauté d’Andorre depuis cette année. Cette diversification complète la palette des séjours proposés en 2013 : la population accueillie est différente de l’été. L’ambiance aussi. Je crois savoir que Jean-Luc prend aussi beaucoup de plaisir à poursuivre la direction de ces semaines dans les Pyrénées, fussent-elle andorranes.

Parfois, l’association est sollicitée pour des demandes particulières. En 1986, Jacques Donnadille avait été contacté par le comité central d’entreprise des Laboratoires Fabre pour organiser une sortie avec les enfants des salariés. La destination qui s’imposa fut Barcelone et l’homme de la situation, Luis Goma. Le déplacement nécessita six bus, guidés sur l’autoroute par Luis et Jacques, dans un véhicule qui ouvrait ce long convoi entre Castres et la capitale catalane. Deux sites d’hébergement avaient été nécessaires pour les deux cent quarante enfants et la cinquantaine d’accompagnateurs. La gestion des places dans les chambrées fut inextricable. Ainsi, avec Françoise Donnadille et Anne Lauzeral, qui allait devenir mon épouse sept ans plus tard, nous disposâmes des matelas dans le couloir pour passer la nuit dans le va-et-vient des enfants qui se rendaient aux toilettes. Jacques m’avoua quelques années plus tard, qu’il ne trouva ni place dans les couloirs, ni matelas de fortune et passa une nuit blanche. Deux bus se perdirent car les talkies-walkies capricieux crachaient des informations inaudibles. Les cellulaires n’existaient pas alors. La visite du parc d’attraction du Tibidabo, le déjeuner dans un restaurant sur le port et la baignade du coté de La Palme dans l’Aude sur le chemin du retour, se passèrent fort bien.

Luis réussit même à caser un apéritif et quelques tapas très appréciés et uniquement réservés à l’équipe. Fort de ce succès, l’expérience avec les Laboratoires Fabre fut reconduite l’année d’après. Destination La Teste et ses classiques : Dune, navigation sur le Bassin, veillée et grands jeux à la colo. Le déplacement avec les six bus fut jugé trop dangereux ; la gare de La Hume étant à quelques mètres du domaine, la SNCF fut contactée par Jacques. Un impressionnant train spécial nous attendait le jour J en gare de Castres pour le départ. Quel bonheur et quel luxe d’avoir un train entièrement privatisé pour les Bonnes Vacances ! Les négociations avec le contrôleur qui suivait notre équipée furent aisées et il me confia la clé du petit placard qui renfermait le micro des annonces. Au retour, j’usai et j’abusai de la sono du train pour quelques mauvaises plaisanteries qui rimaient avec les villes traversées :
Agen, Agen, personne ne descend du train !
– Toulouse, Toulouse, personne ne bouge !
– Castres, Castres, arrivée sans désastre !

 

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